Des sénateurs demandent un milliard pour lutter contre l’illectronisme

On les appelle « illectroniques » et ils sont plus de 14 millions en France. Quatorze millions de personnes à ne pas être à l’aise, ou à ne tout simplement pas avoir accès aux outils numériques. Certains parce qu’ils sont simplement illettrés (2,5 millions de personnes), d’autres parce qu’ils ne possèdent pas d’équipement ou de connexions indispensables à une vie digitale (47 %).

Adeptes de la frugalité numérique malgré eux, les illectroniques se voient pour beaucoup coupés des services publics qui ont entrepris depuis des années leur révolution digitale à marche forcée, rompant parfois le lien – souvent distendu – qui subsiste entre les services publics et les administrés.

Autodidactes du numérique

Le Sénat a rendu publiques aujourd’hui les conclusions de sa mission d’information « Lutte contre l’illectronisme et pour l’inclusion numérique », rapportée par le sénateur du Gers (RDSE) Raymond Vall. « Il s’agit d’un fléau, car la dématérialisation des services publics pose un vrai problème. On sous-estime la nécessité de formation, alors que nous sommes tous des autodidactes du numérique », explique le rapporteur de la mission. Il pointe dans son rapport le fait que, contrairement à une idée reçue, les milléniaux, y compris les étudiants, manquent également de compétences numériques.

« Nous avons découvert avec stupéfaction que l’Éducation nationale n’est pas contrainte de rendre obligatoire la formation de ses enseignants en matière numérique… Quand on sait que les collectivités territoriales se saignent pour mettre à disposition des tablettes pour les élèves, c’est un vrai problème », avance l’élu qui souhaite proclamer l’inclusion numérique comme priorité nationale et service d’intérêt économique général.

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